Georges Taï Benson (Animateur)L'ancien animateur émérite de la Radiodiffusion télévision ivoirienne, situe ici l'opinion sur la création de l'Institut supérieur de formation des animateurs de Côte d'Ivoire.
Pourquoi avez-vous décidé de mettre en place un institut de formation des animateurs ?
Nous pensons que le moment est aujourd'hui propice pour le faire. J'ai été formé en France, en 1964. Nous estimons avoir été bien formé puis-qu'à notre retour, nous n'avions pas eu besoin de stages pratiques. Nous étions déjà prêt à l'emploi. Tout le contraire, aujourd'hui, où les jeunes gens ont des diplômes, mais c'est seulement sur le terrain qu'ils commencent à apprendre le métier. Mon ambition est de former des animateurs professionnels prêts à l'emploi.
Parce que nous allons leur donner des outils professionnels pour réagir. Il nous est arrivé de recevoir de jeunes gens qui ont reçu une formation théorique, philosophique, académique, mais à qui il fallait six mois de stages pratiques. J'ai trouvé cela aberrant. Nous nous proposons, aujourd'hui, de former ces jeunes gens pour qu'ils soient opérationnels sur le terrain.
Quels sont les enseignements qui seront dispensés dans votre école?
Nous tenons à préciser que nous aurons très peu d'enseignements académiques en classe, car nous estimons que ce métier s'apprend sur le terrain, dans le studio, devant la caméra et le micro. Nous allons plus miser sur la pratique. Nous allons détecter des talents, découvrir ce qu'ils sont réellement, à travers des tests en studio, devant la caméra. En procédant ainsi, nous saurons qu'ils n'ont pas un handicap à l'exercice du métier. Il s'est trouvé des cas cocasses où, sur la base d'épreuves écrites, des animateurs ont été sélectionnés. A l'oral, on s'est rendu compte qu'il y en a qui sont bègues ou borgnes etc. C'est pourquoi, nous ferons des tests de studio pour recruter nos étudiants.
A l'Institut des sciences et techniques de la communication (Istc) où j'ai fait un bref passage en tant qu'enseignant, j'ai pu mettre mon expérience au service des jeunes à qui on faisait apprendre... 48h d'anglais. Nous tenons donc à dire que nous ouvrons notre école parce que l'espace audiovisuel vient d'être libéralisé. Il va y avoir, sur le marché, d'autres chaînes de télévision, de radios et plusieurs manifestations. Ces structures auront besoin d'animateurs. Le besoin est donc pressant et les débouchés existent. Il va falloir présenter des arguments forts aux propriétaires de ces chaînes pour y entrer, en tant qu'animateurs professionnels. L'animateur n'est pas un saltimbanque, un amuseur public. C'est pourquoi, nous insistons sur le terme professionnel. J'ai formé Fulgence Kassy, Barthélemy Inabo, Djira Youssouf...pour la fonction publique. Maintenant, je vais en former pour les télévisions, radios et structures privées. Il y a des chargés de communication qui se targuent de faire de l'animation. Mais, la prise de parole, en public, est une spécialité technique qu'il faut posséder et maîtriser.
Quel type de relations allez-vous entretenir avec la Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti) ?
Nous allons former des animateurs qui seront sur le marché de l'emploi. Si la Rti le souhaite, elle pourra nous approcher. En dehors de la Rti, des chaînes de radios et de télévisions privées pourront également solliciter nos animateurs. Nous formons pour mettre à disposition ! Lors de notre formation en France, on nous a dit que l'animateur doit faire attention, parce qu'il pénètre l'intimité des gens sans leur autorisation, à travers le poste de radio ou de télévision. L'animateur ne doit pas gêner par son accoutrement, sa mauvaise diction, etc. Pour corriger tout cela, nous avons fait appel à Bienvenu Neba, Thérèse Taba. Pour parfaire l'élocution. L'animateur doit pouvoir attirer l'attention du public par sa culture générale. Je n'ai pas la prétention de dire que je vais former des génies. Après plus de 40 ans de métier (il a commencé le 6 juin 1964), j'ai décidé de mettre mon expérience au service des jeunes. On ne laisse notre métier que pour aller à Ivosep (pompes funèbres). C'est vous dire qu'il n'y a pas de retraite dans ce métier.
L'ancien directeur des programmes de Radio Ci, Pol Dokui, a une école d'animateur aux Deux-Plateaux. Qu'est-ce qui fera la particularité de votre institut ?
Nous avons pour nous notre expérience et la qualité des professionnels qui interviendront pour former les jeunes gens. La Côte d'Ivoire regorge de beaucoup d'universités, de grandes écoles, etc. Chaque entité à sa spécificité. Les inscriptions ont démarré au club municipal de Cocody-Deux-Plateaux, depuis le 2 décembre et prendront fin le 10 décembre. Nous, les anciens, avons là l'occasion de nous rendre utiles ; et les jeunes ont l'occasion d'apprendre un métier. Nous allons permettre aux jeunes gens de maîtriser tous les rouages du métier. Je répète que nous créons cette école maintenant, parce qu'il y a des opportunités qui arrivent.
interview de Issa Yeo
tin du 08/12/2011
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" La
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contrôlée par la communauté qui en est propriétaire ; caractérisée par la participation de la communauté. (...) Il faut qu’il soit bien clair que l’objectif de la radio communautaire n’est
pas de faire quelque chose pour la communauté, mais plutôt de donner l’occasion à la communauté de faire quelque chose pour elle même comme, par exemple, posséder et contrôler son propre moyen de
communication. " Qu’est-ce que la radio communautaire ? Un guide pratique, AMARC Afrique et Panos Afrique Australe, 1998.